Base Mérimée: Monuments historiques · France
Hôtel particulier de Georges Pauilhac
Toulouse, Haute-Garonne, France
The record
- Designation
- Historic monument, registered (inscrit), in part
- Protection
- inscrit MH partiellement
- Extent of protection
- L’hôtel particulier de Georges Pauilhac et sa cour, en totalité, ainsi que les façades et toitures de l’extension construite par Jacques Villemur en 1962 – tel que représenté en rouge sur le plan annexé à l’arrêté. Les édifices susmentionnés sont situés 68 boulevard de Strasbourg et 3 rue Roquelaine sur les parcelles figurant au cadastre section 823 AC n° 624 et 625 : inscription par arrêté du 10 décembre 2025
- Protection dates
- 2025/12/10 : inscrit MH
- Type
- hôtel
- Main period of construction
- 4e quart 19e siècle
- Later work
- 3e quart 20e siècle
- Dates
- 1898, 1962
- Architect or builder
- GUITARD Barthélémy (architecte), VILLEMUR Jacques (architecte)
- Ownership
- propriété de l'État
- Address
- 68 boulevard de Strasbourg ; 3 rue Roquelaine
- Commune
- Toulouse
- Département
- Haute-Garonne
- Region
- Occitanie
- Country
- France
- Mérimée reference
- PA31000132
The Ministère de la Culture's notice
Historique
Zacharie Pauilhac, associé de Jean Bardou chargé de la distribution des papiers à cigarettes JOB, établit en 1838 son magasin d'expédition au nord-est du centre-ville de Toulouse, au 2, boulevard de Strasbourg. Son frère Léon, qui lui succède dans l'entreprise JOB à son décès, emménage en 1866 plus au nord du boulevard, au n°64, puis achète peu à peu les propriétés voisines. En 1890, sa veuve, Claire Pauilhac, prend la tête de l'entreprise avec son fils et son gendre Antoine Calvet, et divise la propriété du boulevard de Strasbourg entre ses enfants, Georges, Geneviève et Juliette. Jean Job Jacques Georges Pauilhac (Toulouse, 1871 - Paris, 1959) reprend les affaires de son père en tant que directeur commercial de JOB. Peu investi dans la société, on lui doit cependant l'idée de créer des calendriers, affiches et cartes postales à vocation publicitaire. En 1913, il est nommé administrateur de la société JOB, fonction qu'il occupera jusqu'à sa mort en 1958. Il commence dès son adolescence à collectionner les armes anciennes, ce qui l'amène à voyager dans l'Europe entière. En 1898, sa mère lui fait édifier par l'architecte Barthélémy Guitard un hôtel particulier sur la parcelle dont il a hérité. L'hôtel prend place au n°70, à côté de l'hôtel familial du 72, boulevard de Strasbourg où vivent Geneviève et son mari Jules Marsan. Juliette et son époux Antoine Calvet font édifier vers 1910 l'hôtel à l'angle du boulevard et de la rue de la Concorde (n°76). Les trois propriétés communiquent entre elles : l'hôtel de Georges Pauilhac a une de ses entrées par le passage couvert de l'hôtel Marsan et l'hôtel Calvet donne accès à l'hôtel Marsan par une porte au 1er étage. Les jardins et les cours sont communs et la cour de l'hôtel Marsan abrite un musée pour la collection d'armes anciennes de Georges Pauilhac. En plus de la partie habitation, des bureaux, des magasins de vente et d'expédition ainsi que des ateliers sont installés dans les hôtels qui communiquent avec l'usine Claire-Pauilhac ouverte en 1920 (dédiée à la fabrication de papiers à cigarettes). Les trois hôtels sont l'œuvre de Barthélémy Guitard (Toulouse, 1859-1937), élève de Henry Bach à l'école des arts de Toulouse puis de l'École des Beaux-Arts de Paris (diplômé en 1887). Il est notamment l'auteur à Toulouse de la Chambre de commerce, de la Société générale, de l'hôpital de Purpan, de l'imprimerie Sirven rue de la Colombette, de l'hôtel de La Dépêche du Midi rue Bayard et du Grand hôtel rue de Metz. En 1910, à la suite de son divorce, Georges Pauilhac s'installe à Paris. L'hôtel est vendu en 1946, puis est acquis en 1956 par l'université de Toulouse pour y installer le Centre Régional de Documentation Pédagogique : l'aile des écuries et de la conciergerie est détruite et remplacée par un nouveau corps de bâtiment. Le CRDP, le premier créé en France, est inauguré le 5 mars 1959. Il est agrandi en 1962 selon des plans dressés par l'architecte Jacques Villemur, après l'achat de la propriété Castaing voisine, située sur la parcelle d'angle. L'élévation de Guitard sur le boulevard, qui était similaire à celle de l'hôtel Marsan, est bûchée, chemisée et surélevée d'un niveau pour s'harmoniser avec ce nouveau bâtiment : elle est recouverte d'un placage de briques (les deux derniers niveaux sont en béton) et les baies reçoivent des encadrements en ciment et des menuiseries métalliques. Un dernier corps de bâtiment est ajouté sur la rue Roquelaine (n°5), permettant de fermer la cour et relié à celui construit vers 1956 à l'emplacement des anciennes écuries.
Description
Les élévations de l'hôtel Pauilhac ne sont visibles que sur la cour, depuis l'entrée de la rue Roquelaine. Sur trois côtés - la façade en retour, au nord, était prolongée par les écuries, celle côté sud était mitoyenne avec la propriété voisine - elles se développent sur cinq niveaux : un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages ainsi qu'un étage de comble en brisis couvert en ardoise, percé d'œils-de-bœuf à encadrements en zinc. Ce dernier niveau est bordé par une coursive avec garde-corps (les balustres, visibles sur une photographie de 1959, ont depuis été remplacés par des garde-corps métalliques). À la fin des années 1950, cet étage de comble a été surélevé sur l'ensemble de l'aile ouest et en partie sur le corps de bâtiment sud (côté boulevard). Le parement des façades alterne de la brique rouge aux étages avec un bossage continu en table de pierre au rez-de-chaussée surélevé et sur l'avant-corps sud ; cette pierre blanche se retrouve au niveau des encadrements de baies et de la corniche, complétant cette élégante polychromie. Aux multiples références au XVIIIe siècle - profusion d'éléments sculptés de style rocaille (coquilles, cartouches, clefs, guirlandes de fleurs), épaisse corniche avec postes, denticules et consoles, ferronneries des balcons...- se mêle l'influence Art nouveau dans le dessin des menuiseries en bois à verres biseautés. Les appartements occupaient principalement le corps de bâtiment sud (sur le boulevard), l'aile ouest servant de vestibule d'entrée et, à chaque étage, de galerie de liaison avec une pièce située à l'angle de l'aile nord. Une seconde entrée depuis le passage couvert du n°72 (hôtel Marsan) menait directement aux appartements de Georges Pauilhac ainsi qu'aux bureaux de l'entreprise JOB. Les deux axes de distribution de l'hôtel - hall et vestibule depuis la cour/second vestibule depuis l'entrée du n°72 - se recoupent à angle droit au niveau du grand escalier. Le hall a été recloisonné et masqué par des aménagements successifs, toutefois le décor d'origine - sol en mosaïque et plafond à large corniche moulurée - est visible dans les dégagements. Depuis le hall, on accède au vestibule donnant sur la cage d'escalier et au couloir distribuant les pièces du rez-de-chaussée. Les deux salons ouvrent au sud sur le boulevard. Leur décor, de même que celui du couloir, est marqué par l'Art nouveau : formes sinueuses des poignées et impostes des portes, motifs floraux sculptés sur les portes, les lambris, la corniche et la cheminée du petit salon. Dans le grand salon, le décor est plus sobre : on retrouve l'influence de la « ligne coup de fouet » dans les lambris bas et les encadrements de baies tandis que la cheminée adopte un style néo-Renaissance. La salle à manger, située dans l'avant-corps, donnait au nord sur la cour. De même que dans les salons, un faux-plafond y a été mis en place et les éventuels papiers peints ou tentures ont disparu. Au sous-sol, l'ancienne cuisine, située sous la salle à manger, ouvrait au nord sur une cour anglaise, de même que d'autres espaces de service. L'escalier est en marbre jaune avec un garde-corps en ferronnerie dans le goût du XVIIIe siècle. Les portes en bois sont sculptées de motifs empruntés au vocabulaire néo-classique : godrons, rangs de perles, piastres, coquilles et chutes de feuillages. Au 1er étage, l'aile ouest est occupée par une galerie ouvrant sur la cour par trois portes-fenêtres. Son sol est en mosaïque comme celui du péristyle ; elle ouvrait au nord sur une ancienne chambre (les traces de cloisons sur le parquet semblent indiquer une alcôve et une cheminée). Les chambres principales étaient probablement situées dans l'aile sud, dont la distribution a été conservée. Ces quatre pièces conservent leurs portes sculptées, volets intérieurs, parquets à chevrons, plafonds à corniches ou consoles moulurées, mais les cheminées ont disparu. Les deux salles de bains présentent des sols en mosaïque et des parois recouvertes de marbre. Le deuxième étage reprend la même distribution : la galerie, dont le sol est ici recouvert d'un parquet à chevrons, dessert au sud des chambres réparties de part et d'autre d'un couloir, et au nord une vaste pièce qui aurait servi de billard, éclairée par une verrière aujourd'hui occultée, enchâssée dans une structure en bois sculpté aux lignes Art nouveau. L'aile sud a en partie conservé son riche décor, plus raffiné que celui du 1er étage (parquets marquetés, gypseries des plafonds), indiquant peut-être une fonction de réception pour ces espaces.
English translation
The text above is the record as published by the Ministère de la Culture, in French. The English below is a machine translation made by TreeAlive, not by the Ministère de la Culture; it has not been checked by a person. Where the two differ, the original is the record. Report a translation error: privacy@treealive.com
History
Zacharie Pauilhac, partner of Jean Bardou in charge of the distribution of JOB cigarette papers, established his dispatch store in 1838 in the north-east of Toulouse city centre, at 2, boulevard de Strasbourg. His brother Léon, who succeeded him in the JOB business upon his death, moved in 1866 further north on the boulevard, to no. 64, then gradually purchased neighbouring properties. In 1890, his widow, Claire Pauilhac, took the head of the business with her son and son-in-law Antoine Calvet, and divided the property on boulevard de Strasbourg amongst her children, Georges, Geneviève and Juliette. Jean Job Jacques Georges Pauilhac (Toulouse, 1871 - Paris, 1959) took over his father's business as commercial director of JOB. Although not heavily invested in the company, he is credited with the idea of creating calendars, posters and postcards for advertising purposes. In 1913, he was appointed administrator of the JOB company, a position he held until his death in 1958. From his adolescence onwards, he began collecting ancient weapons, which led him to travel throughout Europe. In 1898, his mother had architect Barthélémy Guitard build him a townhouse on the plot he had inherited. The townhouse is located at no. 70, next to the family townhouse at 72, boulevard de Strasbourg where Geneviève and her husband Jules Marsan lived. Juliette and her husband Antoine Calvet had a townhouse built around 1910 at the corner of the boulevard and rue de la Concorde (no. 76). The three properties communicated with one another: the townhouse of Georges Pauilhac had one of its entrances via the covered passage of the Marsan townhouse and the Calvet townhouse gave access to the Marsan townhouse via a door on the 1st floor. The gardens and courtyards were shared and the courtyard of the Marsan townhouse housed a museum for the collection of ancient weapons of Georges Pauilhac. In addition to the residential part, offices, sales and dispatch stores as well as workshops were installed in the townhouses which communicated with the Claire-Pauilhac factory opened in 1920 (dedicated to the manufacture of cigarette papers). The three townhouses are the work of Barthélémy Guitard (Toulouse, 1859-1937), pupil of Henry Bach at the school of arts in Toulouse then at the École des Beaux-Arts in Paris (diploma in 1887). He is notably the author in Toulouse of the Chamber of commerce, the Société générale, Purpan hospital, the Sirven printing works rue de la Colombette, the La Dépêche du Midi townhouse rue Bayard and the Grand hotel rue de Metz. In 1910, following his divorce, Georges Pauilhac settled in Paris. The townhouse was sold in 1946, then acquired in 1956 by the University of Toulouse to house the Regional Centre for Educational Documentation: the wing of the stables and lodge was destroyed and replaced by a new building. The CRDP, the first created in France, was inaugurated on 5 March 1959. It was enlarged in 1962 according to plans drawn up by architect Jacques Villemur, after the purchase of the neighbouring Castaing property, situated on the corner plot. Guitard's elevation on the boulevard, which was similar to that of the Marsan townhouse, was tooled, rendered and raised by one level to harmonize with this new building: it is covered with a brick facing (the two top levels are in concrete) and the openings receive cement frames and metal joinery. A final building is added on rue Roquelaine (no. 5), allowing the courtyard to be closed and connected to the building constructed around 1956 in place of the old stables.
Description
The elevations of the Hôtel Pauilhac are visible only from the courtyard, from the entrance on rue Roquelaine. On three sides - the return façade to the north was extended by the stables, the one on the south side was party-walled with the neighbouring property - they develop over five levels: a basement, a raised ground floor, two storeys and a mansard storey covered in slate, pierced with oculi with zinc surrounds. This last level is bordered by a gallery with railings (the balusters, visible in a 1959 photograph, have since been replaced by metal railings). At the end of the 1950s, this mansard storey was raised over the entire western wing and partly over the southern building block (boulevard side). The facing of the façades alternates between red brick on the storeys with continuous rustication in a stone table at the raised ground floor and on the southern avant-corps; this white stone is found at the level of the openings' frames and the cornice, completing this elegant polychromy. To the multiple references to the 18th century - profusion of sculptured elements in rococo style (shells, cartouches, keystones, flower garlands), thick cornice with posts, dentils and consoles, ironwork of the balconies... - is mixed the Art Nouveau influence in the design of the wooden joinery with bevelled glass. The apartments occupied mainly the southern building block (on the boulevard), the western wing serving as an entrance vestibule and, at each storey, as a link gallery with a room situated at the corner of the northern wing. A second entrance from the covered passage of n°72 (Hôtel Marsan) led directly to the apartments of Georges Pauilhac as well as to the offices of the JOB company. The two distribution axes of the hôtel - hall and vestibule from the courtyard/second vestibule from the entrance of n°72 - intersect at right angles at the level of the main staircase. The hall was subdivided and masked by successive fittings, however the original decoration - mosaic flooring and ceiling with broad moulded cornice - is visible in the passages. From the hall, one accesses the vestibule opening onto the staircase cage and the corridor distributing the ground floor rooms. The two drawing rooms open to the south onto the boulevard. Their decoration, like that of the corridor, is marked by Art Nouveau: sinuous forms of the handles and transoms of the doors, floral motifs sculpted on the doors, the wainscoting, the cornice and the fireplace of the small drawing room. In the grand salon, the decoration is more sober: one finds the influence of the 'whiplash curve' in the low wainscoting and the framings of openings while the fireplace adopts a neo-Renaissance style. The dining room, situated in the avant-corps, opened to the north onto the courtyard. As in the drawing rooms, a false ceiling was installed there and any wallpaper or hangings have disappeared. In the basement, the former kitchen, situated beneath the dining room, opened to the north onto an English courtyard, as did other service spaces. The staircase is in yellow marble with a railings in ironwork in the taste of the 18th century. The wooden doors are sculpted with motifs borrowed from the neo-classical vocabulary: fluting, rows of pearls, piastras, shells and falling foliage. On the first storey, the western wing is occupied by a gallery opening onto the courtyard by three French doors. Its flooring is in mosaic like that of the peristyle; it opened to the north onto a former bedroom (the traces of partitions on the parquet appear to indicate an alcove and a fireplace). The principal bedrooms were probably situated in the southern wing, whose distribution has been preserved. These four rooms preserve their sculpted doors, interior shutters, herringbone parquet, ceilings with moulded cornices or consoles, but the fireplaces have disappeared. The two bathrooms present mosaic flooring and walls covered in marble. The second storey follows the same distribution: the gallery, whose flooring is here covered in herringbone parquet, serves to the south bedrooms distributed on either side of a corridor, and to the north a vast room which would have served as a billiards room, lit by a skylight now obscured, set within a wooden structure sculpted with Art Nouveau lines. The southern wing has partly preserved its rich decoration, more refined than that of the first storey (marquetry parquet, plaster ceiling work), perhaps indicating a reception function for these spaces.